De vingt levés programmés à un suivi hebdomadaire : VINCI Construction structure sa filière bathymétrique

C’est une évolution organisationnelle structurante qui a servi de déclencheur : avec le rattachement des différentes entreprises au sein de la délégation Terrassement, Travaux Maritimes et Fluviaux (2TMF), la nécessité de structurer des compétences transverses est rapidement apparue.

Dans ce contexte, la bathymétrie ne pouvait plus rester une spécialité ponctuelle : elle devait devenir un métier à part entière, intégré dans une filière dédiée aux côtés de la topographie et du guidage.

Jean‑Philippe Perrone, référent de la filière Topographie, Guidage & Bathymétrie nouvellement créée, revient sur un investissement majeur et explique comment un chantier portuaire exigeant a servi de levier pour structurer l’organisation et doter la délégation d’outils à la hauteur de ses enjeux.

Un marché qui a changé en cours de route

Tout commence avec le chantier de la Chatière. 
Dans les clauses initiales du marché, le maître d’ouvrage avait prévu un suivi bathymétrique limité dans le temps.
« Dans le marché, il était prévu une vingtaine d’interventions sur la durée totale du projet. En réalité, on est rapidement passé à une demande d’intervention toutes les semaines. » Face à cette cadence, la question de l’externalisation s’est vite posée — et tout aussi vite écartée. Le calcul était simple : à ce rythme-là, mieux valait investir.
« À partir de ce constat, on a décidé d’investir dans un outil d’acquisition de données et de relevé. Voilà les circonstances qui ont permis la validation de l’achat d’un sondeur Teledyne Reson T51. »

Un investissement, un chantier

Un tel investissement ne se valide pas sur un coin de table. Le matériel, dans sa globalité, représente environ 400 000€ . Une somme qui impose d’identifier dès le départ un chantier capable d’en absorber l’essentiel de l’amortissement.

« Il faut un chantier qui soit en mesure de porter la plus grosse partie de l’investissement. Je me suis appuyé sur la Chatière : c’est ce chantier qui a permis de valider l’achat, pour qu’à terme, le matériel soit rattaché à la filière et bénéficie à l’ensemble de la délégation. »

Sans ce levier, la décision aurait sans doute été différente. Jean-Philippe Perrone ne s’en cache pas :
« À 400 000 €, l’investissement n’aurait probablement pas été validé autrement. On arrive sur des montants qui pèsent fortement. »


Le bon drone, pour les bonnes raisons

Rémi Molaro–Maqua prend contact avec Subtop. « Ça s’est fait très vite. J’ai appelé Thalia pour demander si le drone était disponible, et il l’était dès la semaine suivante. »

Léa Le Gall, Formatrice et Technicienne Hydrographe au Support Technique de Subtop, nous livre le drone dès le lundi suivant et assure une journée de formation complète.

« La formation était complète et concise, ce qui a permis une prise en main assez rapide. Dès le lendemain, on travaillait sans l’aide de Léa », témoigne Rémi Molaro–Maqua. Sur les dix jours de location, il n’aura besoin de la rappeler que deux à trois fois pour des précisions complémentaires.

« Sur une journée de formation, il y a beaucoup d’informations, on passe forcément à côté de certaines choses. Mais globalement, c’est un outil compact et simple d’utilisation. Sur un bateau classique, il faudrait plus d’une journée pour réussir à faire un levé, avec tellement de branchements. Là, la prise en main est vraiment rapide. »

Sur le terrain, le drone ne fait pas tout

En conditions réelles, le drone montre ses limites — un constat pleinement assumé dès le départ.
Sur le port de la Châtière, la houle dépasse régulièrement le mètre, alors que le drone ne peut être exploité que jusqu’à environ 50 cm. L’estuaire, non protégé, génère également des courants importants.
« On est sur une hauteur de houle moyenne supérieure à un mètre. Dans certaines conditions, le drone ne peut tout simplement pas être utilisé. »

Cette contrainte avait été anticipée lors de la définition du besoin : le sonar devait être démontable, afin de pouvoir être installé facilement sur une embarcation classique. Le sondeur multifaisceaux est donc monté sur une vedette via une perche dédiée. Le drone Otter Pro, lui, est mobilisé de manière ciblée notamment des zones difficiles d’accès pour les vedettes ou des chantiers spécifiques, comme celui du port de Toulon qui démarre prochainement. 

Sur la qualité des données, le client n’a pas eu à se plaindre : « Nous souhaitions des relevés en multifaisceaux haute résolution : l’écho-sondeur TELEDYNE RESON T51 répond clairement aux souhaits qui avaient été exprimés et permettra même la modélisation de blocs artificiels. »

Vers une filière qui monte en puissance

Aujourd’hui, Jean-Philippe Perrone supervise une Filière qui regroupe environ  80 personnes, dont 50 techniciens répartis sur toute la France, avec un spectre de compétence large : topographie terrestre, drones aériens, lidar et photogramétrie, multistation scanner, guidage. Un hydrographe a récemment été recruté pour les missions à forte technicité, avec une ambition claire : diffuser la compétence plutôt que de la centraliser.

« Le but n’est pas qu’il se déplace tout le temps. L’idée, c’est d’accompagner les techniciens topographes, de les former, pour qu’ils puissent réaliser des petites missions bathymétriques de manière autonome. »

Pour y parvenir, une réflexion est engagée avec Thomas sur l’acquisition d’un second appareil — plus léger, moins coûteux, conçu pour être déployé sans expertise pointue. « On va se doter d’un drone facilement transportable et déployable, utilisable par des personnels moins spécialisés. »

Plus qu’un fournisseur, un partenaire

Sur la collaboration avec les équipes Subtop, Jean-Philippe Perrone est direct. Ce n’est pas la technologie seule qui fidélise — c’est ce qui l’entoure.
« Ce que j’attends d’un partenaire, c’est de la réactivité, de la force de proposition, un accompagnement technique solide et des conseils sur les bonnes pratiques. Et puis la fiabilité du matériel : sur un chantier, on n’a pas le droit à la panne. » 

Un partenariat qui, visiblement, a trouvé son rythme : « C’est pour ces raisons que nous allons continuer à travailler ensemble. »


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